Critique: Amer

AMER
Réalisateurs
: Hélène Cattet et Bruno Forzani
Scénaristes: Hélène Cattet et Bruno Forzani
Musique: Artistes variés
Production: Fidélité Films/Wild Bunch/BUF
Distribution: Olive Films
Pays: France/Belgique
Année: 2009
Date de sortie en salle: -
Durée
: 91 minutes

Festivals: Festival du nouveau cinéma ’09, Sitges, Gérardmer

Acteurs: Marie Bos, Cassandra Forêt, Charlotte Eugène-Guibbaud


Site Officiel | Bande-annonce

Comme je le soulignais récemment, suite à sa diffusion au FNC l’an dernier, on pensait ne jamais revoir AMER avant une éternité. Projection que j’ai tant regretté d’avoir loupé, j’ai été agréablement surpris de découvrir que le titre figurait à la liste d’une sélection de films issus des éditions 2008 et 2009 du Festival du nouveau cinéma, en exclusivité sur la chaîne illico sur demande*.

AMER a tout du giallo, sans en être un. En fait, il faut percevoir la chose comme un laboratoire, une exploration inspirée du genre qui a connu ses beaux jours à la fin des années 60, début 70. Présenté comme un portrait en trois temps, le film de Cattet et Forzani ouvre sur un générique avec images en split screen. Cette technique exploitée à maintes reprises par De Palma, donne le ton à ce que nous réserve la suite.

Le premier segment, faisant état d’un événement marquant vécue par Ana enfant, est un magnifique hommage à Argento. C’est à mon sens le tableau le plus riche du long métrage, mais aussi le plus macabre et étrange. La seconde proposition relate un autre événement significatif dans la vie d’Ana, cette fois adolescente. Ce segment exploite le thème de l’innocence de l’âge, tout comme celui de l’éveil sexuel. La caméra se pose donc sur les courbes  de la femme en devenir, qui vivra un moment d’une troublante violence lors du tableau final. Ana retourne sur les lieux de son enfance afin de renouer avec son passé, mais elle se sent observer. Une inquiétante présence rode dans les parages. On dirait un homme aux pulsions dangereuses, dont le visage est caché par une cagoule.

Doté de quelques brèves répliques, AMER est à toute fin pratique un film muet. Cependant, les sons ambiants, omniprésents, deviennent pratiquement un personnage en soi. Les interventions musicales ont également été choisies avec soin, ajoutant à l’esthétisme bien précis du giallo. On regrette cependant l’utilisation du thème de LA TARANTOLA DAL VENTRE NERO écrite par Ennio Morricone. Non pas que la musique soit mauvaise (au contraire), mais bien parce qu’elle est justement soudée aux images du film de Paolo Cavara. On se réjouit des différentes techniques de cadrage, de plans rapprochés et de toute la sensualité qui se dégage de la pellicule. L’exploration du fantasme vs. le réel tout comme le fétichisme font partie intégrante de la production.

Si vous êtes à la recherche d’un visionnement hors norme, ou tout simplement familier avec les gialli, je vous recommande chaudement cet exercice de style dont le DVD faisait son apparition en France aujourd’hui. Espérons qu’il soit également distribué chez nous. En attendant, vous pouvez le visionner grâce à la vidéo sur demande.

*Petit bémol: AMER n’a pas été formaté dans un ratio adapté à une diffusion télé. Autrement dit, si vous avez un téléviseur HD, vous risquez de trouver l’image assez petite. Un détail quelque peu frustrant lorsqu’on constate que le film coûte plus cher que tous les autres titres de la sélection.




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A propos

Fondateur et rédacteur en chef du Sinistre Magazine. Critique et blogueur cinéma pour Voir et Ztele. Critique musical pour Bande à part et Boulevard Brutal. Ex-musicen métalcoolique.

3 Commentaires

  1. Moi c’est la 2e partie que j’ai trouvé la meilleure. Y a tellement de tension. Pi les gros plans pourraient pas être mieux utilisés.

  2. ERASERHEAD dit :

    En passant, AMER se retrouve sur la liste des meilleurs films de 2010 de Q. Tarantino !

    http://popwatch.ew.com/2011/01/03/tarantino-top-films-2010-toy-story-3/

  3. Chris dit :

    Bon, sur les conseils de notre blog bien-aimé, j’ai visionné Amer mais avec une particularité que je vous recommande chaudement, un casque audio…
    En effet, la bande-son de ce film est un régal!
    Visuellement et audiblement, ce film est un grand moment de bonheur.
    La partie du milieu est une pure merveille et l’actrice qui joue Ana est d’une sensualité qui me fait regretter mes 20 ans ;o)
    Je vous le recommande même si la première et dernière partie pourraient heurter les âmes sensibles…

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