Fantasia 2012 : Critique – Small Gauge Trauma 2012

Une autre édition de Fantasia, une autre cuvée de courts-métrages tordus avec la toujours palpitante sélection SMALL GAUGE TRAUMA! Cette année par contre, c’était la qualité avant la quantité. Sur les huit courts sélectionnées, seulement sept d’entre eux ont pu être projetés – CROWN de AG Rojas a malheureusement dû être laissé sur les tablettes à cause de problèmes légaux.

BITE HORSE (Royaume-Uni, 6 min.) de Sam Walker entrait dans le vif du sujet. Le réalisateur de l’excellent court Tea Break (tous à vos DVD Small Gauge Trauma) récidive encore une fois ici avec l’hybride d’un fantasme et d’un vidéoclip. Un vieil homme en chaise roulante chante au travers de son masque à oxygène en compagnie de charmantes et dangereuses demoiselles coiffées de têtes d’animaux. Un rituel vaudou surréaliste, superbe et diablement entraînant!

Tout aussi surréaliste, mais campé sur un scénario plus tangible, LA RICETTA (États-Unis, 5 min.) de Jason Noto s’avérait comme le pire cauchemar de n’importe quel végétarien. Une mama italienne prépare une recette de porc spéciale en compagnie de son fils. Ce dernier, traumatisé par la préparation, imagine tout autre chose. Une réflexion peu songée sur notre consommation animale, mais tout de même efficace visuellement. D’un côté, les effets spéciaux impressionnaient, mais de l’autre on n’y croyait pas vraiment.

Xavier Hibon était de retour deux ans après son Mauvaise Erreur (aussi sur le récent DVD SPASM horreur vol. 4) avec une histoire saugrenue de photographie et de disparition se déroulant dans un foyer pour personnes âgées. Si la réalisation et l’interprétation dans LE CRÉPUSCULE DORÉ (Belgique, 12 min.) étaient davantage réussis que ceux du précédent titre, son punch final, qui donnait encore une fois dans l’humour absurde, tombait un peu à plat. La meilleure blague se retrouvait en fait après le générique du film, dans une dédicace.

Avec OTHER (États-Unis, 14 min.) de Daniel DelPurgatorio, on nage en pleine fiction digne d’un classique de Cronenberg. Un scientifique en phase terminale d’un cancer, expérimente sur lui une série d’expériences violentes afin de créer ou nourrir… quelque chose. Cette réalisation colorée et riche en hémoglobine prenait une tournure plutôt touchante en bout de ligne… juste avant un dernier plan complètement déstabilisant à glacer le sang! Un Frankenstein moderne à voir absolument.

Basé sur l’histoire vécue de 72 personnes ayant été tuées, sans raison, par un gang au Mexique en 2010, le 72 (Mexique, 15 min.) de Jorge Michel Grau (We Are What We Are) avait de quoi bouleverser. Non seulement, la superbe réalisation de ce dernier nous plongeait au cœur même de cette histoire insoutenable, du point de vue des malheureux séquestrés, mais la poésie qui en émanait finalement avait de quoi nous laisser une boule en travers de la gorge.

La palme du court le plus violent de cette sélection est décernée à Pau Teixidor pour son LEYENDA (Espagne, 16 min.). Une jeune fille et ses parents s’arrêtent dans une aire de repos, un soir, après un long trajet de voiture. Sur place, ils feront la rencontre d’une femme étrange et inquiétante. Il sera aussi question d’une légende à propos de loups. Bref, si les moments de brutalité et la réalisation soignée du film suscitaient vivement l’attention, je n’ai, pour ma part, pas du tout saisi les motivations des protagonistes. Pas plus que la symbolique derrière cette fameuse légende. À l’aide quelqu’un?

FAMILIAR (Canada, 23 min.) de Richard Powell jouait sur une note un peu plus humoristique. John Dodd est père de famille et n’est vraiment pas heureux dans sa vie de couple. Lorsque sa femme lui apprend qu’elle est de nouveau enceinte, les voix dans sa tête s’amplifient… jusqu’à prendre des proportions plutôt extrêmes. L’ensemble aurait tout aussi bien fonctionné dans un emballage un peu plus serré. Bien que les scènes de gore étaient particulièrement percutantes et bien exécutées, la finale ne proposait rien de bien constructif.

Finalement, les spectateurs de la salle J.A. De Sève en ont tout de même eu pour leur argent, même s’il nous manquait encore une fois cette année un film d’horreur à frissons bien assumé au menu. L’an prochain, peut-être?



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