Fantasia 2012 : Critique – Columbarium

COLUMBARIUM
Réalisateur : Steve Kerr
Scénariste : Steve Kerr
Musique : -
Production : Valéa Productions
Distribution : FunFilm Distribution
Pays : Canada (Québec)
Année : 2012
Sortie en salle : -
Sortie Blu-ray/DVD : -
Durée : 86 minutes

Festivals : Fantasia ’12

Acteurs : David Boutin, Maxime Dumontier, Pierre Collin, Gilbert Comtois, Mylène St-Sauveur

Non classé

Site officiel | Bande-annonce

Premier film de Steve Kerr, un cinéaste de 40 ans, diplômé du HEC et membre de l’Ordre des comptables agréés du Canada, le long métrage québécois COLUMBARIUM était présenté en première mondiale le weekend dernier dans la petite salle – pleine à craquer – J.A. de Sève de l’Université Concordia.

Tourné «avec les moyens du bord» et mettant en vedette David Boutin et Maxime Dumontier, COLUMBARIUM débute avec Mathieu (Boutin), un ingénieur financier établi aux USA, obligé de revenir au Québec pour toucher l’héritage de son père récemment décédé. Son demi-frère Simon (Dumontier) et lui devront s’isoler pendant sept jours au chalet de leur paternel afin de construire un columbarium, condicio sine qua non du testament, s’ils souhaitent recevoir leur part du magot. Tandis que Simon prend le défi du bon pied, Mathieu sombre progressivement dans la paranoïa, comme s’il avait quelque chose à se reprocher.

Pour commencer, soulignons les excellentes interprétations de David Boutin et de Maxime Dumontier. Si le premier fait preuve d’une intensité sans pareil, faisant ressentir sans difficulté sa paranoïa aux spectateurs, Dumontier apporte une touche plus légère et bienvenue, ses interventions faisant rire le public par le naturel de son jeu. Idem pour la réalisation de Steve Kerr, qui construit un suspense efficace par une mise en scène soignée et une intrigue qui nous tient en haleine du début à la fin.

Cependant, il faut avouer que certains choix esthétiques nous ont fait tiquer. Un filtre verdâtre et une lumière à la limite de la surexposition, archi-convenus dans le cinéma actuel, sont appliqués à l’image du début à la fin. Même constat au sujet du ratio du cadrage, pour lequel la production a choisi de faire quelques expérimentations. Ainsi, les proportions de l’image s’amoindrissent progressivement, passant d’un format 1 :85 à 1 :33 pour finir aussi étroit qu’une image prise avec un cellulaire. Quoique justifiée par la narration – Boutin sombrant progressivement dans la folie, l’effet provoque chez le spectateur une sensation de claustrophobie indéniable – la technique nous a semblé trop appuyée pour être véritablement utile.

Ce constat s’applique malheureusement aussi à certains choix narratifs, la métaphore sur la crise financière récente aux États-Unis ne semblant rien apporter au récit, aurait pu être évacuée sans affecter le propos de l’œuvre abordant les thèmes de l’argent et de la religion. Mais peu importe, COLUMBARIUM s’avère une belle production, touchante par moments, solide malgré les maigres moyens, nous donnant espoir dans l’avenir du cinéma de genre au Québec et qui de plus, nous fait découvrir un cinéaste particulièrement talentueux.



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A propos

Vidéaste-comédien-écrivain abitibien, montréalais d'adoption depuis 2004, Jason Paré réalise des courts métrages depuis une douzaine d'années et a quelques publications à son actif, dont un roman de science-fiction intitulé Combat par l’esprit (1995).

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