Fantasia 2012 : Critique – ParaNorman

PARANORMAN
Réalisateurs : Chris Butler et Sam Fell
Scénariste : Chris Butler
Musique : Jon Brion
Production : Laika Entertainment
Distribution : Alliance Vivafilm
Pays : États-Unis
Année : 2012
Sortie en salle : 17 août 2012
Sortie Blu-ray/DVD : –
Durée : 85 minutes

Festivals : Fantasia ’12

Acteurs : Kodi Smit-McPhee, Tucker Albrizzi, Casey Affleck, Christopher Mintz-Plasse, Anna Kendrick, Jeff Garlin, Leslie Mann, John Goodman, Jodelle Ferland

Déconseillé aux jeunes enfants

Site officiel | Bande-annonce

Si Tim Burton et Henry Selick nous ont habitué à des films d’animation s’inspirant de l’horreur gothique, Chris Butler et Sam Fell pigent davantage dans les références du cinéma d’épouvante des années 70 et 80 avec PARANORMAN, second long-métrage provenant des studios Laika (Coraline).

Avec une entrée en matière (grise) savoureuse (un hommage évoquant un tas de série B impliquant des morts-vivants), le film d’animation image par image présenté en 3D nous introduit donc au monde de Norman (Kodi Smit-McPhee). Fasciné par les films de zombies, le jeune garçon est doté d’un don particulier : il peut voir et communiquer avec les esprits. Cette faculté suscite l’incompréhension de ses parents, de sa grande sœur ainsi que de ses camarades de classe qui le perçoivent comme un être bizarre qu’il est préférable de ne pas côtoyer. À la veille du 300e anniversaire commémorant une histoire de sorcière et de malédiction dont la ville aurait été affublée, Norman tentera de mettre un terme au sort qui hanterait son patelin.

Voilà, ce PARANORMAN possède un je ne sais quoi d’incroyablement envoûtant. Pourtant, l’histoire n’est pas entièrement originale (on peut notamment établir plusieurs rapprochements avec The Monster Squad), les gags autant visuels que ceux que l’on retrouve dans les dialogues ne sont pas tous réussis et le film aurait été tout aussi joli sans la 3D. Qu’importe, cette proposition séduit pour diverses raisons. À commencer par la direction artistique, vraiment époustouflante. Les décors, la photo, sans oublier les superbes animations témoignent d’un travail de production d’une grande qualité. On constate d’ailleurs le souci du détail accordé aux mouvements des zombies lors de leurs déplacements. Les performances d’acteurs prêtant leurs voix dans la version originale sont toutes vraiment très bien. Et puis la musique de Jon Brion, jamais surchargée, apporte une amusante référence aux trames sonores de John Carpenter avec une pulsation de basse synthétisée lors des séquences inquiétantes.

L’atmosphère y est aussi pour quelque chose. On ressent certes tout au long du film une certaine nostalgie, mais malgré quelques aspects plus sombres ou tristounets, la production est habitée d’un mélange de douceur, de gentillesse et de chaleur qui prédomine l’ensemble de l’œuvre. « Évidemment, puisqu’il s’agit d’un film d’animation s’adressant d’abord aux enfants », me direz-vous, mais je doute que ce soit l’unique raison. PARANORMAN aborde tout de même des sujets tels que l’intimidation, le rejet et la mort, et bien que quelques moments soient plus sombres et que certains personnages cherchent à faire le mal pour diverses raisons, la dynamique globale du récit transpire la candeur. On la perçoit bien sûr chez Norman, mais aussi chez son ami Neil (excellent Tucker Albrizzi), le frère de ce dernier (la voix de Casey Affleck) ainsi que chez tous les membres de la famille de Norman.

Avec ses multiples clins d’oeil rappelant tantôt les Goonies, Return of the Living Dead et même Carrie, PARANORMAN est, sans l’ombre de doute, parvenu à me replonger dans de nombreux souvenirs de ma propre enfance. Mais il s’agit aussi d’un film d’animation pour tous (pas pour les tout-petits, on s’entend), jamais débilitant, rempli de bons sentiments (sans le côté cucul) au cachet visuel fort séduisant qui devrait plaire à ceux et celles moins familier avec le cinéma d’horreur.



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A propos

Fondateur et rédacteur en chef du Sinistre Magazine. Critique et blogueur cinéma pour Voir et Ztele. Critique musical pour Bande à part et Boulevard Brutal. Ex-musicen métalcoolique.

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